autrice et mise en scène Mila Tisserant
avec Cécile Habibi, Nathalie Kousnetzoff, Kostia, Tourjansky-Goffi, Mila Tisserant
création lumières Jeanne Harpagès
scénographie, costumes Kamila Baldos
création son Tibor Laurent
production Compagnie Les Dérivants
crédit photo Claire Kellenberger
durée 1h15
Dans un accueil social de jour proposant des ateliers de massage et de socio esthétique, on annonce la fermeture du lieu en raison de coupes budgétaires sur le secteur associatif. Alors, Olga, Jelna, Youri et Silencieux occupent le centre le temps d'une nuit. Ensemble, ils campent leurs rêves les plus fous, les plus anciens, les plus fragiles au cœur de cette dernière nuit. Peu à peu, ces rêves s'emparent de la rue et se meuvent en un carnaval de celles et ceux qui partagent le trottoir et qu'on croise tous les jours sans donner un regard.
À partir d'entretiens menés sur le terrain auprès de personnes sans abri, de professionnels en centres d'hébergement et de réinsertion sociale et de socio esthéticiens, La Fête de l'âne interroge le rapport au toucher et au regard posé sur les personnes précarisées dans l'espace public et nos politiques sociales et culturelles actuelles.
S'inspirant des procès d'animaux et des formes de célébrations populaires du Moyen-âge, elle dresse peu à peu les contours d’un tribunal populaire et carnavalesque comme réappropriation de l’espace public.
La fête de l’âne - une pièce à fleur de mots
Cette pièce, écrite et mise en scène par Mila Tisserant, explore avec tendresse et justesse les vies cabossées des personnages d’un centre d’accueil de jours. Loin de tomber dans le dolorisme ou le cliché, la compagnie des dérivants offre au public des scènes de joie et d’intensité dans une esthétique médiévale et burlesque. Les personnages font du carnaval une résistance, du soin et du toucher une nécessité. C’est une pièce qui fait bouger les choses en nous, qui nous décentre du quotidien pour nous ré-apprendre à voir et à toucher ce (celleux) qu’on oublie. La metteuse en scène évacue d’emblée les critiques qu’on pourrait lui exposer, notamment celle de prendre la parole des personnes concernées. Elle résout cette question au sein même de la pièce en mettant en abîme un metteur en scène fictif, voulant faire de la misère du spectaculaire. La pièce de Mila utilise le moyen du spectacle pour donner à voir, pas comme une excuse, mais comme geste politique.
Un pari audacieux et finement abouti
J'ai découvert La Fête de l'âne au Lavoir Moderne Parisien début avril et j'ai été surprise et subjuguée par la singularité de cette pièce ! Dans une mise en scène mêlant scènes naturalistes et scènes oniriques voire fantastiques, Mila Tisserant relève le pari de nous parler d'un sujet difficile et crucial sans misérabilisme ni esthétisation mais au contraire avec beaucoup de vie, de justesse et de moments d'éclat. J'ai été émue parfois aux larmes par la langue de l'autrice qui est magnifique, j'ai ri lors de moments clownesques, et j'ai voyagé à travers un travail de costumes et de décor absolument fabuleux qui nous rappelle des influences médiévales et baroques. L'autrice relève le pari de nous parler du soin et de notre société à travers la figure du miracle, du saint et du martyr mais aussi à travers les formes carnavalesques et populaires dont s'inspire la mise en scène. Un spectacle à suivre, absolument !
Génial
Une pièce fine et touchante, portée par des comédiennes et comédiens justes et une mise en scène qui capte l’attention du début à la fin
La fête de l'âne
Spectacle très réussi qui porte un regard,à la fois réaliste poétique et sincère, sur des personnes qui vivent dehors.
J'ai ri et ai été au bord des larmes traversé par les émotions que me renvoie cette pièce comme un miroir.
Car nous pourrions être ces personnes sur scène qui au final nous interrogent sur notre part d'humanité